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La saison 2018 du Toulouse Olympique étant désormais terminée, après le Président Bernard SARRAZAIN, c’est au tour de l’entraîneur du TO XIII, Sylvain HOULES, d’en dresser le bilan.

Sylvain, quel est ton avis sur le parcours de ton équipe en 2018 ?

Sylvain HOULES : Je suis extrêmement satisfait de notre parcours. Bien sûr, il y a eu de la déception mais il faut aussi être réaliste. Quand on voit d’où nous venons et là où nous en sommes aujourd’hui, en connaissant les contraintes que nous avons eu en début de saison, après une Coupe du Monde à laquelle plusieurs de nos joueurs ont participé, le fait d’avoir un effectif réduit pendant les premiers mois… participer à ce Middle 8, qui était sans doute le plus serré de tous, est une énorme satisfaction.

Affronter quatre équipes de Super League dans des matchs avec les enjeux réels d’un championnat, en battre deux, c’est une expérience extraordinaire pour le club et les joueurs qui, je pense, nous permettra de grandir et de construire. C’est le principal pour moi, continuer d’avancer. La saison passée, nous avons remporté le Championship Shield après avoir terminé cinquième, cette année nous nous sommes classés troisièmes. Et le but est de continuer ainsi.

Quelles sont tes satisfactions de la saison ?

Sylvain HOULES : Tout d’abord, ce sont des points qui concernent notre organisation, comme le déménagement dans notre complexe d’entraînement de Toulouse Lautrec, avec notre propre salle de musculation notamment. Ce n’est pas encore parfait car le club est un peu à l’étroit avec les quelques bâtiments que se partagent toutes les catégories du TO, mais nous avons pu passer un cap. Il faut maintenant que la Mairie nous aide à développer ce complexe, pour faciliter encore notre quotidien. Nous avons ainsi pu améliorer encore notre planning d’entraînement, permettant à Adam (INNES), notre responsable performance, d’organiser des journées plus productives, mettant les joueurs dans de bonnes conditions pour s’entraîner.

Dans le jeu, nous avons amélioré notre défense, avec Christophe (TOUSTOU) qui s’est creusé la tête, et avec l’aide des joueurs qui ont amené leur réflexion. Les plus expérimentés, comme Sam (RAPIRA) ou Eddy (PETTYBOURNE), nous ont fait progresser dans ce domaine et je pense que nous pouvons encore franchir un cap là-dessus, il va falloir que nous travaillions encore plus dur pour l’avenir.

Enfin, je suis satisfait de voir les joueurs qui ont progressé, notamment les plus jeunes qui se sont très bien adaptés à la difficulté du Championship. J’ai aussi trouvé que nous récupérions bien des matchs du Middle 8. J’ai trouvé que les joueurs ressortaient bien physiquement et mentalement de ces gros matchs. Nous nous sommes améliorés là-dessus car il y a quelques temps, nous n’aurions pas été capables d’enchaîner les matchs de cette intensité.

Quels sont les moments forts de l’exercice 2018 que tu gardes en tête ?

Sylvain HOULES : Il y en a beaucoup. Des victoires, mais aussi des défaites. Et derrière celles-ci, ce sont les moments où nous nous réunissons, où nous nous parlons entre nous. Nous étudions ce qu’il ne va pas ensemble, ce qu’il s’est passé à la vidéo, et nous décidons de mettre les choses en place pour avancer et faire en sorte de nous remettre sur le droit chemin. Ces moments que nous passons avec les joueurs et le staff sont pour moi les plus forts.

Après bien sûr, il y a les victoires, quand nous nous retrouvons tous dans les vestiaires, quand je vois le sourire sur le visage des joueurs. Et il y en a eu beaucoup, notamment après ce match énorme contre Hull KR. Le scénario, des essais de fou, une super défense pour contenir les puissants Rovers contre qui il a fallu se sacrifier… c’est ce qui a donné sa saveur à ce succès.

Dans l’ensemble, je trouve que c’était une belle journée pour le club, le stade de Blagnac était plein, c’est dommage parce qu’il s’agissait du dernier de la saison, mais j’espère que nous réattaquerons le premier match de 2019 de la même façon.

Quel est ton avis sur le Million Pound Game remporté par Londres ?

Sylvain HOULES : Un peu déçu de la qualité du match. Offensivement, il y a eu très très peu de prise de risques. Les deux équipes ont cherché à compléter au maximum, pour finir par jouer au pied en espérant forcer l’erreur de la défense adverse. Dans un match aussi serré, intense, avec la pression de l’enjeu, je peux comprendre cette stratégie aussi.

J’aurais aimé que Toronto l’emporte pour que le club aille au bout de son projet, car ils ont les finances, ils ont le public – ils arrivent à attirer 8000 personnes au stade… J’aurais aimé voir ce qu’ils pouvaient amener au XIII en général en étant dans la meilleure compétition européenne. Maintenant qu’ils ont raté la montée, je ne sais pas quelle va être leur stratégie, mais ce sera un concurrent direct de plus pour nous, même si cela aurait été le cas si Londres avait perdu.

Au vu de leur saison, c’est amplement mérité pour les Broncos. C’est une équipe agressive, complète, qui s’appuie sur un esprit d’équipe à toute épreuve, qui a fait leur force jusqu’à la fin. C’est un beau parcours qu’ils ont fait. Ils ont fait tout ce qu’il a fallu pour être là. En revanche, je ne sais pas ce qu’ils vont apporter à la Super League, car je pense qu’ils vont devoir d’abord se mettre au niveau de la compétition sur plusieurs points, comme la structure du club, le terrain ou leur public.

Que penses-tu de la nouvelle formule du Championship appliquée à partir de la saison prochaine ?

Sylvain HOULES : Je ne sais pas trop. Ce sera différent, intéressant. Il y a 2 clubs supplémentaires, York et Bradford, des équipes comme Widnes, désormais ex-Super League donc, Toronto, Featherstone, Leigh, Halifax etc… Ce sera relevé, et long encore car il y aura désormais 27 matchs avant les play-offs. Sachant que l’accession à la Super League ne se jouera pas face à des formations de cette compétition, je pense quand même que la saison sera moins compliquée.

Néanmoins, je ne pense pas que ce système aide le Championship à se développer. Participer au Middle 8 et se confronter à des équipes de Super League permettaient aux clubs de deuxième division de progresser considérablement en l’espace de quatre matchs seulement. Maintenant que cette formule a été abandonnée, j’ai peur que le fossé entre les deux niveaux ne se creuse. Je ne pense pas que le niveau va baisser dès l’année prochaine mais sur le long terme, cela me semble inéluctable.

De plus, l’équipe qui montera après la finale aura très peu de temps pour se bâtir l’effectif nécessaire pour se maintenir en Super League. Nous pourrions retrouver le même problème qu’avant, avec l’équipe promue qui faisait l’ascenseur en étant reléguée au terme de la même saison car elle ne pouvait pas tenir la comparaison.

Vas-tu fixer des objectifs à tes joueurs pour 2019 ?

Sylvain HOULES : Comme chaque année, je vais voir les joueurs un par un et nous allons parler de leur rôle, des points sur lesquels ils doivent progresser etc… Ces entretiens vont servir à leur fixer des objectifs individuels.

Collectivement, bien sûr que nous allons parler de Super League, mais l’important n’est pas là. Je préfère que nous nous concentrions sur tout le travail de l’intersaison, pour être prêts dès la première journée et ensuite enchainer les matchs les uns après les autres, rester au top niveau semaine après semaine. La place à laquelle nous terminerons sera définie en fonction du travail que nous fournirons.

Pour terminer, un mot sur la fin de carrière de Sébastien PLANAS ?

Sylvain HOULES : Il fait partie de ces joueurs qui auront marqué l’histoire de ce club. J’ai eu le plaisir de jouer avec lui puis de le coacher. J’admire le professionnalisme qu’il a eu sur le terrain et en dehors. Sans doute aidée par notre amitié, notre liaison entre l’entraîneur et le capitaine était très forte, et il a été d’un soutien phénoménal pour moi quand il a fallu faire passer des messages. Il s’est avéré être un formidable relai lorsqu’il a été question de donner des idées pour construire et faire avancer le groupe.

C’est quelqu’un qui illustre parfaitement les valeurs du club, il est très honnête, respectueux, travailleur. Il a voulu montrer l’exemple jusqu’à la fin. Cette année a été un peu compliquée car il revenait de blessure, je ne l’ai pas fait jouer quelques fois, comme c’est un grand compétiteur ça n’a pas été toujours évident mais il a toujours compris. Malgré tout, il n’a jamais voulu rater un entraînement, même s’il avait mal, s’il était blessé, il voulait être sur le terrain, ce qui fait qu’il est revenu à un très bon niveau en fin de saison, lors de laquelle il a joué tous les matchs et est presque allé jusqu’au Million Pound Game. Son gout pour le travail restera au sein du groupe.