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A fond le jeu à Font-Romeu

Ce week-end se tenait la 1ère université d’été du Cercle Rugby Galilée (17-18-19 juin). Voici le compte-rendu de la Fédération Française de Rugby à XIII :

A défaut de la quantité, en terme de public, la 1ère Université d’été du rugby, placée sous le signe de XIII ouvert, a été celle de la qualité, samedi et dimanche à Font-Romeu, avec des débats passionnants et parfois passionnés, suivis avec intérêt par plusieurs personnalités de notre sport, Laurent Roldos, vice-président de la FFR XIII, Elie Brousse, « Le Tigre de Sydney », Jean Alonso, directeur des équipes de France jeunes, Aimé Ourliac, co-président de l’AS Carcassonne, « Jules » Vignes, manager du XIII de France Fédérale. Mais pas seulement, puisque parmi l’assistance, on notait entre autres la présence du coach de Mehdi Baala, le double champion d’Europe du 1500 m et médaillé de bronze aux JO 2008, de Jean Romans, président départemental du Comité Olympique et Sportif Français, et de Pierre Dechonne, manager du Team Altitude cher au champion du monde de biathlon Martin Fourcade

A la fois spectateurs et acteurs, Jean-Bernard Pailliser, le directeur du CREPS de Toulouse, Patrick Pedrazzani, DTN, et Pierre Grenet, médecin des équipes de France, intervinrent chacun avec une justesse de ton appréciée par tous, lors d’un week-end ayant également permis au président du Cercle Rugby Galilée, Michel Demelin, de rendre un hommage appuyé et mérité à Elie Brousse, décoré de la médaille d’or de la Jeunesse et Sports, et Laurent Roldos, épinglé d’un pin’s couleur grenat, spécialement confectionné à son intention par Pascal Terrats, artisan-bijoutier à Perpignan, et ancien ailier de Saint-Estève XIII.

De l’entraînement en altitude adapté aux spécificités du rugby à XIII (Charles-Yannick Guezennec), à la politique du Haut Niveau de la FFR XIII (Patrick Pedrazzani, DTN), en passant par l’avenir du Centre d’Entraînement en Altitude, prochainement rénové (Gérard Bessières, Directeur de projet au Ministère des Sports), la technique du jeu (Jacques Jorda, ex-entraîneur du XIII de France), rugby et médecine (Pierre Grenet, Michel Riff, ostéopathe du XV de France), l’évolution du métier d’entraîneur (Jean-Bernard Paillisser), et la place du rugby à XIII dans les médias (Gilles Navarro, rédacteur en chef adjoint de L’Equipe, Thierry Bouldoire, ancien chef des sports de L’Indépendant), divers thèmes d’actualité furent développés, recueillant un intérêt manifeste de la part d’une assistance au cours de laquelle treizistes et quinzistes firent bon ménage.

« Masser du bois »

De l’exposé de Pierre Grenet, on retiendra notamment la salutaire « remise en question » du staff du XIII de France moins de 18 ans, en 2005, au soir d’une cuisante défaite essuyée face à l’Academy anglaise. « Notre infériorité tant technique qu’athlétique était flagrante, de même que notre faiblesse défensive et notre difficulté à correctement terminer les rencontres, sans parler d’une avalanche de blessures, preuve que la plupart des impacts étaient subis par les Français ».

« La réflexion collective » du trio Laurent Dupuy – David Despin – Thierry Dumaine, du préparateur physique Philippe Couture et du manager Pascal Canciani, a eu pour effet de porter ses fruits, car depuis les résultats obtenus par les diverses équipes de France jeunes, sont radicalement différents. A l’époque, les questions posées étaient en effet les bonnes : Dans quel domaine sommes-nous le plus faible ? Evaluer et objectiver les carences, Quel travail demander aux joueurs, et comment le contrôler ?

Et le médecin de la FFR XIII de constater, à Font-Romeu, que « la force isométrique, plus intéressante que la force pure, est beaucoup travaillée par les Australiens, difficiles à faire tomber dans la mesure où ils pratiquent la musculation sur des plans instables (tapis en mouvement, ballons…), facilitant leur aptitude à rester debout. » Le même Pierre Grenet, après en avoir discuté avec Brian Johnson, le coach de l’Australian Institut of Sports, constatait qu’à l’entraînement les sprints répétés, à un rythme très élevé, par les Australiens, leur conféraient un avantage indéniable.

Depuis, le déficit a été en grande partie comblé, « grâce à un renforcement musculaire approprié, les fins de matchs étant mieux gérées, et les blessures moins fréquentes, étant entendu qu’une équipe physiquement dominée est plus exposée à ce problème ».

Pierre Grenet se souvenait en outre des paroles prononcées par le kiné Eric Aznarez (« Avec les joueurs australiens on a l’impression de masser du bois »), le rapport poids-puissance prenant toute son importance : « Ils ne sont pas plus musclés que nos joueurs mais possèdent moins de masse graisseuse, laquelle constitue un poids mort, alors qu’en France on se focalise encore exagérément sur la force maximale. »

« Un sport de collision »

Patrick Pedrazzani, lui, s’attachait à différencier l’entraîneur qu’il a été (Lézignan, Toulouse, Montpellier, XIII de France), « un accompagnateur de désir », du Directeur Technique National qu’il est devenu, « un organisateur de compétences », comme le définit Claude Fauquet, l’ancien DTN de la Fédération Française de Natation, aujourd’hui Directeur des Politiques Sportives à l’INSEP.

Et après avoir émis le souhait de « s’appuyer, à l’avenir, sur l’expérience des anciens« , l’ex trois-quart centre de Villeneuve-sur-Lot livrait à l’assemblée quelques chiffres évocateurs : 40 401 licences à la FFR XIII, dont 7615 (hausse de 5,4% en un an) en compétition, 294 nouveaux diplômés (entraîneur 1, 2 et 3, éducateurs, BESS) en 2010, 229 équipes et 78 écoles de rugby, dont 50 de Fédérale, 23 de juniors nationaux (cinq de plus que la saison passée), et 19 féminines (contre seulement 5 voici trois ans).

Il soulignait aussi les bienfaits nés de la convention passée entre la Fédération Française handisport et la FFR XIII, laquelle compte actuellement 11 équipes de XIII fauteuil, certaines situées dans des zones géographiques excentrées (Moulins, Nantes, Anglet), avant de se pencher sur la forme de jeu vers laquelle tend le rugby à XIII français, « sorte de lien entre passé et présent », à l’inverse de ce qui se pratiquait encore il y a peu : « En 2000, lorsque nous avions été champions de France avec le Toulouse Olympique, le jeu était structuré, presque à l’extrême, avec des schémas prédéfinis, même si, heureusement, j’avais quelques joueurs capables de sortir du système. »

« Ouvrez les yeux en permanence, demandais-je alors aux joueurs », rappelait Patrick, avant de séparer la zone rouge (positionnement sur le terrain lorsque l’équipe est dans son camp et/ou en difficulté) avec neuf joueurs au milieu du terrain, et les quatre autres sur les côtés) de la verte (dans le camp adverse), privilégiant les extérieurs avec trois joueurs sur chaque flanc du terrain.

La question du jeu en profondeur, mis en exergue cette saison avec succès, chez les Dragons, était par ailleurs abordée par le DTN (« Cela exige beaucoup de vitesse de la part du demi »), lequel n’en oublie cependant pas les bases : « Il faut aussi savoir bien faire les choses simples, m’expliquait David Waite, le premier entraîneur des Dragons, en 2006. »

Sans oublier de « noter qu’en France aussi, nous avons de bons entraîneurs, mais simplement ne sont-ils pas placés dans les mêmes conditions de professionnalisme qu’en Australie. »

Le rugby à XIII, « sport de collision » plus que de contact, comme l’avait soufflé, voici quelques années, un responsable technique néo-zélandais à Patrick Pedrazzani, est au moins autant un sport de vitesse, ne manquait pas d’ajouter ce dernier, se souvenant par exemple avoir assisté, en 2003, à un match Penrith – Manly « pourtant de niveau moyen », dont le temps de jeu était de 62 minutes.

On fait parfois mieux, mais force est de constater que c’est déjà pas mal. Ce qui n’a échappé à personne, à Font-Romeu, où deux jours durant les échanges de toutes sortes ont été fructueux.

Tessie TIXEIRE

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